Responsabilité Sociétale des Entreprises : La pyramide de la RSE (3/4)

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Comme on l’a vu précédemment, lorsque les fondations sont en place, l’entreprise peut dérouler une politique RSE, une démarche RSE robuste et crédible : elle peut alors construire sa pyramide de la RSE sur du solide.

 

 

Dans son écosystème l’entreprise interagit principalement avec 2 forces externes :

  • d’une part les Megatrends ou méga-forces, les grands enjeux du futur pour notre planète, risques sociétaux, géopolitiques, environnementaux dont le climat bien sûr, mais aussi grandes tendances telles qu’urbanisation ou digitalisation croissantes ; tendances souvent interdépendantes, entraînant des effets de type « cocktail »,
  • d’autre part les Parties Prenantes de l’entreprise, qu’elle recense, « cartographie » selon d’une part de l’importance de ces parties prenantes pour l’entreprise et d’autre part de leur relation avec l’entreprise, de la connaissance par l’entreprise de ces parties prenantes, de leurs attentes.

Selon l’ONU, les Objectifs de Développement Durable (ODD) sont une approche des Megatrends auxquels nombres d’entreprises raccordent leurs actions RSE, voire qui structurent leurs axes d’engagements RSE.

 

Risques et Opportunités

Cet écosystème est à la fois source de Risques et d’Opportunités pour l’entreprise. Une entreprise a des moyens et des ressources limités : elle ne peut traiter tous ces enjeux simultanément. Elle affecte donc prioritairement ses ressources aux enjeux RSE les plus significatifs, ce qui ne signifie pas se comporter de façon irresponsable sur les autres enjeux moins importants.

Pour cela, elle analyse ses risques et opportunités en termes d’occurrence et d’importance, tant pour l’entreprise que pour ses parties prenantes. Elle se pose aussi la question de la maîtrise de ces risques. Un risque moyen, mal maîtrisé, pourra nécessiter plus d’actions qu’un risque important très bien maîtrisé.

 

Analyse de matérialité

À partir de ces analyses menées en interne, en utilisant des listes d’enjeux selon les sphères sociales, environnementales et sociétales, tels que par exemple les domaines d’action de l’ISO 26000, à partir également d’un benchmark des communications de ses confrères, l’entreprise enquête auprès de ses parties prenantes pour connaître leurs attentes, leurs priorités. Cette écoute et ce dialogue contribuent à réaliser l’Analyse de Matérialité des enjeux RSE de l’entreprise, à définir ses enjeux RSE prioritaires.

Deux livrables principaux sont issus de cette analyse :

  • la Matrice de Matérialité, représentation graphique qui permet selon l’axe d’importance pour l’entreprise et l’axe d’importance pour les Parties Prenantes de mettre en évidence les enjeux jugés importants par les 2 acteurs, mais aussi de s’interroger sur les appréciations différentes portées par l’entreprise et ses parties prenantes sur tel ou tel thème, et de savoir détecter les signaux « faibles » d’enjeux potentiellement forts dans le futur.
  • l’Ambition RSE de l’entreprise qui sera déclinée en axes d’engagements RSE formalisés par de courtes phases gravant dans le marbre les axes prioritaires de la politique RSE de l’entreprise.

Les axes de l’ambition RSE de l’entreprise recouvrent les enjeux RSE principaux (risques et opportunités) qui font l’objet de politiques, voire de plans de diligence, d’actions correspondantes, d’indicateurs de suivi de ces actions, et d’objectifs à moyen-long terme pour les indicateurs clés de performance (ou KPI en anglais).

 

L’entreprise est ainsi armée pour, non seulement préciser, mais aussi faire évoluer son modèle d’affaires (son business model) c’est à dire son utilisation des ressources, ses impacts, sa place dans la chaîne de valeur et bien sûr aussi son activité, sa stratégie en surfant sur les nouveaux enjeux et les attentes de ses parties prenantes.

L’entreprise peut développer sa démarche RSE, la partager avec ses collaborateurs et ses parties prenantes, être en accord avec sa raison d’être, contribuer à la création de valeur partagée et accroître sa performance globale : notions sur lesquelles nous reviendrons dans le prochain article.

 

Article rédigé par : Gérard Langlais – Consultant ARCLÈS

 

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