Regard International : L’édito ARCLÈS #94

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Retrouvez dans cette rubrique un édito que vous propose ARCLÈS sur le thème de l’international. Ce regard sur l’actualité du monde s’appuie sur de nombreuses sources d’information lues et digérées pour vous.

 

Entropie et entreprise

Les bouleversements actuels et ceux qu’il est possible d’appréhender pour un futur plus ou moins proche modifient à la fois les ordres établis et les repères pour la suite auxquels nous ont habitués des générations de plans, de promesses et de croyance dans la stabilité durable du monde. Ainsi la remontée des informations très nombreuses de toutes les composantes économiques, sociales, politiques et surtout humaines donnent l’impression d’une vague de désordres accablant ceux qui cherchent d’abord à rétablir du sens et à organiser leurs choix stratégiques.

Et cette question interroge tant les entreprises, les états que les familles et les individus, persuadés par ailleurs que le progrès ou du moins la venue de jours un peu meilleurs nécessite de rompre les carcans, de libérer les contraintes, bref de sortir des modèles organisés issus du passé. Quel modèle plus ou moins ordonné faudrait-il suivre et n’est-ce pas un combat d’aveugle que de changer pour changer ou encenser la destruction créatrice (Schumpeter) , faute de quelques signes ou méta-règles pour aider les arbitrages ?

C’est probablement l’absence de signe ou la diminution des repères qui ternit l’aptitude des gouvernances à fixer des horizons ou à rallier des citoyens sur des objectifs un peu explicites.

L’inflation qui était un mal dans les années 70-80 a été vaincue mais revient sous la forme d’une vertu, gage de liberté. La mobilité des hommes et des biens qui a soutenu tous les progrès au 20° siècle est remise en cause au profit d’un but de frugalité dont personne ne mesure les conséquences. La croissance avec son corollaire de la recherche d’un rééquilibrage Nord-Sud qui est soutenue depuis la création de l’ONU, est devenue suspecte.

En revenant à l’immédiat, force est de constater que tout bouge beaucoup en cette période et il convient de poursuivre et d’améliorer la quête du sens, la compréhension des ressorts en action. Au plan économique, une sorte de normalité pour donner un nom provisoire à la situation d’avant Covid, se montre à l’horizon mais de façon plus ou moins éloignée. Les pays développés y parviennent à peu près  mais les émergents comme les pays les moins développés ont accumulé des retards supplémentaires.

Si les USA connaissent une croissance économique importante (évaluation +6%), les Européens seront entre 3% et 6% pour le rattrapage mais la Russie a tendance à s’enfoncer, la Turquie a dû dévaluer fortement (>10%) et la Chine ne parviendra pas à son objectif habituel de 6,5% en 2021.

Selon les experts, les pays de l’Asean vont devoir attendre 2023 pour retrouver des couleurs ; en revanche, la grande zone entre Moyen-Orient et Asie soumise aux guerres et crises récentes subit la triple peine économique, politique et sanitaire annonciatrice d’une période sombre.

La seule certitude que l’on peut conserver est que selon la coutume, les plus entreprenants s’en sortiront mieux et plus vite, ce qui est un plaidoyer naturel et générique en faveur des investissements et de l’esprit d’entreprise.

 

Article rédigé par : Benoit Bescond – Associé ARCLÈS

 

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