Regard International : L’édito ARCLÈS #93

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Retrouvez dans cette rubrique un édito que vous propose ARCLÈS sur le thème de l’international. Ce regard sur l’actualité du monde s’appuie sur de nombreuses sources d’information lues et digérées pour vous.

 

Mourir attendra

Après 20 ans de lutte directe contre le terrorisme international, après 18 mois de combats contre la Covid 19, il est temps de comprendre que la résilience ne se construit pas dans une vision de court terme et de réponses du « tac au tac » et de voir lorsqu’ils sont là les indices du changement ou du renouveau.

Pour commencer, en restant dans l’actualité, le long terme de l’Afghanistan, n’est-il pas en train de se construire avec une population qui a vécu des années de liberté et qui saura dans cet espoir renverser elle-même ses dictateurs ? Pour continuer, n’y a t-il pas une véritable raison de se réjouir d’avoir su au plan mondial stabiliser la pandémie de la Covid, trouver des vaccins et procurer aux agents économiques et sociaux des moyens de résistance dont on voit maintenant le redémarrage, même s’il n’est pas achevé ?

Simplement aux mutations du monde et de la nature, il convient de ne pas s’empêcher d’accepter et de digérer nos propres mutations dans les régimes, dans les structures et dans les usages qui permettront aux hommes de demain d’y vivre heureusement. Dans beaucoup de sports (nautisme, cyclisme, tir, etc…), il est recommandé de regarder loin devant pour préserver son équilibre.

En Europe, la reprise économique s’est affirmée par la confiance des investisseurs qui ont précédé les consommateurs. Ce signe laisse présager un retour de la croissance des PIB dès 2021, même si dans certains secteurs, l’offre a encore du mal à suivre (ex : composants électroniques, main d’œuvre). La France est dans le peloton vertueux du redémarrage, avec l’excellente surprise de l’Italie. Seuls quelques pays d’Europe centrale auront des choix difficiles à faire sous la double pression des règles anti GES (gaz à effet de serre) et de l’inflation attachée aux prix pétroliers (Pologne notamment).

L’Afrique va connaître en différé une période de creux mais les perspectives restent positives ou du moins pas plus mauvaises à long terme. L’hostilité entre l’Algérie et le Maroc qui repose sur des différends profonds ne s’estompera pas tout de suite, notamment parce qu’Alger a d’abord des comptes compliqués à rendre à sa population. Le Sahel qui n’est pas l’Asie centrale fera l’objet de la remise de la gouvernance dans les mains de responsables locaux crédibles en même temps qu’il faudra alléger les dispositifs militaires occidentaux au contact.

La Chine se durcit ; pas seulement en refusant le partage des études sur les sources de la Covid, mais aussi en fixant des limites plus étroites aux formes privées du capitalisme afin de maintenir quoiqu’il en coûte l’autorité absolue du parti communiste. Le départ des américains de l’Afghanistan a deux conséquences chinoises. Il peut laisser un grand espace pour élargir les « routes de la soie » et l’accès aux ressources minières (comme la Russie d’ailleurs) mais encore laisser s’infiltrer l’idée que les USA ne soutiendraient pas ou pas assez ses alliés européens ou taïwanais en cas de nouveaux coups durs. Ces deux volets seront à suivre, mais il serait simpliste de croire que l’Histoire repasse ses plats plusieurs fois.

C’est peut-être James Bond qui a raison finalement.

 

Article rédigé par : Benoit Bescond – Associé ARCLÈS

 

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