Regard International : L’édito ARCLÈS #89

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Retrouvez dans cette rubrique un édito que vous propose ARCLÈS sur le thème de l’international. Ce regard sur l’actualité du monde s’appuie sur de nombreuses sources d’information lues et digérées pour vous.

 

Dans la mêlée

La saison rugbystique rappelle qu’au fond de la mêlée, il est bien difficile de prédire d’abord la sortie du ballon mais surtout la suite de l’action et encore moins la fin du match. Aujourd’hui la quasi totalité des responsables usent leurs énergies en 2ème ou 3ème ligne, sans aucune perception de la suite des opérations, même si courageusement on voit le Royaume-Uni commencer à parler de déconfinement total pour juin.

La double crise sanitaire et économique a mis le monde à plat, mais pas dans l’égalité. Certains sont plus à plat que d’autres et les conséquences ne seront vraiment visibles qu’à la sortie, qui ne sera peut-être pas simultanée non plus pour tous.

Les européens (UE) sont à la tâche avec le début de la mise en œuvre délicate du plan NGEU (nouvelle génération EU). Le plus difficile sera de placer et de maintenir les pays dans la trajectoire vertueuse qui a été élaborée, tant au plan écologique que du social et du digital. Le premier ministre Johnson de son côté a dessiné un parcours de retour à la vie normale principalement pour rassurer les britanniques qui n’est aucunement garanti.

Les pays d’Afrique du Nord et du Proche-Orient subissent le double choc du virus et du pétrole à bas prix. La baisse du prix unitaire (-30% vs fin 2019) s’est accompagnée d’une baisse des quota (-8%) pour enfoncer les balances commerciales. Et si certains ne sont pas producteurs d’hydrocarbures, ils sont impactés par la disparition du tourisme (-75% en moyenne) sans effet compensatoire de la population locale comme en Europe, alors que cet apport économique s’était multiplié par 3 en 20 ans et procurait jusqu’à 30% du PIB. La dernière calamité qui s’étend aussi au reste de l’Afrique touche l’inflation des prix agricoles et ses graves conséquences sur des pénuries régionales annoncées.

Un regard comparatif sur l’impact de la crise Covid19 dans les pays émergents montre clairement que les plus résistants sont ceux où le PIB/habitant est le meilleur, procurant à la fois une meilleure santé des populations et des réserves financières pour avancer traitements et vaccins autant que petites aides sociales compensatrices. A l’inverse le sort des moins solides est amplifié par l’incapacité et l’insolvabilité des gouvernements. On peut donc observer que les effets silencieux de la crise laisseront des situations plus inégalitaires dont personne ne mesure encore les résultats.

 

Article rédigé par : Benoit Bescond – Président d’ARCLÈS

 

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