Regard International : L’édito ARCLÈS #85

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Retrouvez dans cette rubrique un édito que vous propose ARCLÈS sur le thème de l’international. Ce regard sur l’actualité du monde s’appuie sur de nombreuses sources d’information lues et digérées pour vous.

 

Maîtriser la divergence

Voilà peut-être le plus grand défi des mois qui arrivent, tant pour les pays développés que pour les pays émergents, à l’heure où l’analyse des intérêts immédiats peut pousser à l’isolement et aux égoïsmes. Le constat commence par la grande générosité française et européenne (plan à 700 Mds€), tant vis à vis des entreprises les plus touchées, que les commerces et leurs employés dont on attend beaucoup dans l’étape de la reprise ci-devant. Mais le Brexit, les défiances d’une partie des populations vis à vis des mesures politiques, économiques et même sanitaires et le mauvais moral régnant peuvent pousser aux désunions et aux repliements, à l’encontre de ce que l’Europe a bâti depuis 40 ans.

Au plan strictement économique, les dirigeants européens ont fait preuve d’esprit commun, mais le cadencement des projets de reprise semble totalement désynchronisé. Avec pour effet que les enclenchements positifs qui remettront en route les échanges, souffriront de déséquilibres, faute d’un cadencement suffisant. Les pertes de production en 2020 ont touché les pays de façons différentes et les rebonds n’auront ni la même ampleur, ni le même tempo, avec comme seul point commun, la certitude que la remise à niveau (PIB idem 2019) ne sera pas atteinte avant le début de 2023 en volume, mais avec probablement des répartitions et des changements difficiles à prévoir.

La Chine, qui semblait avoir tiré les marrons du feu dans la crise Covid19, n’observe pas un redémarrage aussi vif qu’espéré, pénalisé par l’absence de reprise chez ses clients habituels et par l’endettement problématique de nombre de ses clients émergents. La question de 2021 sera la révision du plan « Route de la Soie » et l’établissement de relations autres avec la nouvelle administration US.

La menace de confinements futurs, et le manque d’exemplarité des pays développés vis à vis de leurs endettements publics, ne va pas pousser les émergents à la vertu financière. Même l’arrivée des vaccins, dont on ne connaît pas tous les impacts sur la pandémie, ne suffira pas à rétablir en quelques mois les deux bases du commerce et du développement qui sont l’équilibre des espérances et la confiance.

Il est enfin révélateur que dans l’épreuve sanitaire en cours, le secteur des services, notamment du conseil, soit plus touché que celui pourtant atteint de la production industrielle; c’est la marque d’un déficit de confiance et d’écoute qu’il faudra impérativement combler pour retrouver le chemin des convergences, quitte à ce que les partenaires de l’après-covid ne soient plus tout à fait ceux d’avant.

 

Et pour ceux qui s’intéressent à l’économie, voici deux documents conseillés :

Scénario France 2021-2022 et Scénario Monde

 

Article rédigé par : Benoit Bescond – Président d’ARCLÈS

 

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