Regard International : L’édito ARCLÈS #83

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Retrouvez dans cette rubrique un édito que vous propose ARCLÈS sur le thème de l’international. Ce regard sur l’actualité du monde s’appuie sur de nombreuses sources d’information lues et digérées pour vous.

 

Seconde vague ou tsunami ?

Voici que le second développement du coronavirus, malgré l’expérience acquise au printemps, est plus rapide et plus universelle que prévu. Après avoir espéré des reprises plus ou moins vaillantes en ampleur comme par ses délais, tous les dirigeants concernés sont conduits à prendre des mesures économiques et sociales de protection avant tout. Le peu d’enthousiasme est à la hauteur des déceptions et du recul des horizons meilleurs auxquels se rattacher. Le redémarrage aura lieu « plus tard » et le retour de l’activité (PIB) aux niveaux antérieurs (2019) fait l’objet de projections jusqu’en 2026 !

A ce jeu, il serait maladroit d’estimer que l’Asie échappe à ce stop. Seulement, l’extrême orient et la Chine étaient sur des profils de croissance à 6-8% l’an et il se pourrait que seule cette dernière finisse l’année 2020 sans récession. Le décalage est bien présent et nonobstant la fermeture provisoire des frontières, le monde est bien resté global, au moins dans sa dimension économique. Les émergents de leur côté vont continuer à trinquer de façon similaire avec une conséquence supplémentaire ; l’absence de structure comme l’UE et la précarité des prix des matières premières et du tourisme qui servent de rente, vont vider les caisses du peu sur lequel les dirigeants espéraient s’appuyer pour sauver la situation. Il y a donc un risque social et politique qui s’est adjoint à l’épidémie et qui va agrandir les écarts de développement.

Pour les pays de l’UE, les dernières statistiques montrent une croissance de 12,7% au 3° trimestre mais une tendance proche du zéro pour le quatrième dans le meilleur des cas.

Deux exemples à ce jour pour les pays émergents. Oman a doublé en quelques mois ses déficits jumeaux (dette publique et dette extérieure). A presque 100% du PIB, ces montants exposent le pays à devoir emprunter auprès de ses voisins du Golfe pour soutenir un redressement hypothétique parce que sans aucun plan, ni échéance.  Second exemple, le Nigeria qui est exposé à de nombreuses manifestations populaires, violentes et sans issues. Les impasses latentes et non résolues par les gouvernements depuis des années, malgré la ressource pétrolière, sont maintenant sans perspectives à l’horizon d’une génération, ce qui est de nature à bouleverser tous les modèles du développement sous-jacents.

Quand les dirigeants français doivent exprimer leurs choix récents, c’est à l’aune d’un équilibre nécessaire et réfléchi entre économie et santé, montrant là le lien étroit et indissociable entre les deux domaines pour les prochains mois au moins.

Il n’y aura pas de reprise, ni en V, ni autrement, puisque les attaques de la Covid19 s’apparentent aux secousses d’un tremblement de terre, aux répliques duquel il va falloir s’habituer durablement. Il est trop tôt pour évaluer tous les dégâts, mais il faudrait commencer à mettre sur pied les équipes de reconstruction et pas seulement s’occuper uniquement de protection.

 

Article rédigé par : Benoit Bescond – Président d’ARCLÈS

 

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