Regard International : L’édito ARCLÈS #82

Share on LinkedInTweet about this on TwitterShare on Google+Share on FacebookEmail this to someone

 

Retrouvez dans cette rubrique un édito que vous propose ARCLÈS sur le thème de l’international. Ce regard sur l’actualité du monde s’appuie sur de nombreuses sources d’information lues et digérées pour vous.

 

La grande traversée

Si tout le monde est convaincu que le retour à une situation économique, sociale et politique normale, à l’identique de l’avant crise, n’est pas pour demain et probablement pas avant la fin de 2021, il est de plus en plus clair aux yeux des experts que nous devons nous préparer à entrer dans un « nouveau monde ». Que ce soit le niveau des PIB, des échanges économiques, des taux de chômage ou du moral des ménages comme des entreprises, tous ces indicateurs artificiels ne manqueront pas de signer l’avènement de nouveaux équilibres, voire de transformations irréversibles. les paradigmes d’hier fondés sur la croissance, la maîtrise des budgets publics et de l’inflation, l’augmentation profitable des transports et des productions sont bousculés et sans disparaître totalement, commencent à faire la place à la frugalité, à l’examen des risques afférents aux tensions locales et approches globales, non seulement des énergies mais aussi des cycles des produits comme des communications instantanées (à base de 5G).

Dans cette aventure forcée qui concerne pratiquement 95% du monde, les parcours des habitants, des villes, des états et des entreprises vont être divers et ne reposeront pas uniquement sur les avantages des positions initiales. L’épreuve ne sera pas anodine et si on en mesure déjà le coût immédiat à trois fois celui de la crise de 2008-2014, rien ne précis ne peut décrire ce que réservent les « terrae incognitae ».

Du côté des pays développés, la Chine qui semble épargnée, n’a aucunement retrouvé le dynamisme de la demande, ni intérieure ni extérieure, sans laquelle son outil industriel sera durablement en panne. Les USA restent dans les inconnues post-élections et si la reprise a remonté 50% de la dégringolade, la suite est totalement incertaine. Les Européens ont su pour une fois se coordonner ; le vaste plan communautaire a deux avantages. Celui du volume significatif et celui du signal solidaire qu’il implique, même si des mésententes persistent.

Les pays émergents sont eux très tributaires de leurs passés récents. Les plus dynamiques – Russie, Inde et en partie le Brésil – sauront tirer partie de la situation pour peu que la Covid19 n’entame pas plus l’activité économique. Les plus fragiles, déjà touchés par des endettements majeurs ou par des régimes politiques instables partent avec un handicap à l’instar du Chili ou de Hongkong. Ceux dont les réserves sont déjà faibles vont connaître de mauvais jours, en l’absence d’investisseurs et de pouvoir d’achat suffisant pour assurer la relance (Liban).

Enfin, les pays en phase de développement vont s’interroger sur le modèle de croissance à suivre si les exemples devant eux conduisent à des impasses. Que faudrait-il recommander au Sahel, au Moyen-Orient (hors pétrole) et en Amérique centrale ?

Dernier indice des temps qui vont changer ; l’orthodoxie budgétaire entamée par les démocraties ouvre la porte à des déséquilibres sociaux. Si les taux d’intérêt resteront longtemps bas, l’inflation va devoir revenir pour puiser dans les richesses. Nous avons noté que le nouvel objectif d’inflation des banques régulatrices (FED et BCE) n’est plus un 2% plafond mais un 2% de moyenne !

Ce coup ne réussira que si l’on va puiser dans les réserves qui sont le moins utiles et pas dans la poche de ceux sur qui on compte pour bâtir ou rebâtir, notamment toutes les classes dites « moyennes » où que ce soit dans notre petit monde.

 

Article rédigé par : Benoit Bescond – Président d’ARCLÈS

 

Share on LinkedInTweet about this on TwitterShare on Google+Share on FacebookEmail this to someone