Regard International : L’édito ARCLÈS #79

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Retrouvez dans cette rubrique un édito que vous propose ARCLÈS sur le thème de l’international. Ce regard sur l’actualité du monde s’appuie sur de nombreuses sources d’information lues et digérées pour vous.

 

Il est urgent de sortir de la défiance

Si l’apologie de la confiance est insuffisante pour amener les décideurs, les consommateurs et les entrepreneurs à agir, on peut espérer que les coûts de la défiance y parvienne un peu mieux. Sur le total des projets et chantiers en cours que chacun pilote, un certain nombre peuvent être impactés par la crise sanitaire en cours ; comme les recettes ou du moins le chiffre d’affaires risquent d’être amputé de 5% à 7% (moyenne européenne), l’attente et l’absence de décision créées par l’ambiance portent préjudice à une partie plus importante de l’activité (50% ?), ce qui explique des latences dans la relance.

A l’inverse, des mesures de confiance et de clarté permettraient de réduire cette tétanisation et de réaliser plus vite les reprises, d’abord industrielles puis des services, ces derniers étant plus sensibles aux conditions restrictives restantes (distanciation, tourisme et voyages limités). La sortie rapide ne pourra se faire qu’à ce prix et l’exemple de l’emploi est significatif. La peur pousserait aux licenciements qui diminueraient la force de production et augmenteraient la charge sociale ; il en résulterait des coûts, une normalisation plus difficile et une seconde vague de pessimisme enfermant tout le monde dans un nouveau cercle vicieux.

Les perturbations qui limitent encore la reprise (déficit résiduel évalué aujourd’hui entre 10% à 30%) sont alimentées par la crainte d’une reprise de la pandémie, par l’inconnue de la réouverture des frontières et par les doutes sur la consommation des ménages.

Les conditions de la confiance ne se décrètent pas et l’urgence ne justifie ni la démagogie ni le recours à des gourous, aussi branchés soient-ils. Pour le dire net, comme en économie, la politique ne se résume pas à une liste d’injonctions contradictoires ni à l’extrapolation de mesures locales. L’Europe a la chance de bénéficier d’une structure de concertation qui pourra amortir les turbulences restantes, alors que nombre de pays plus isolés vont subir maintenant les dures conséquences de la crise.

Significativement, les pays émergents ont des marges de manœuvre plus étroites, qui par la faute des prix pétroliers trop bas, qui par la chute de recettes touristiques. Même en mettant à contribution les fonds souverains ou l’aménagement de la fiscalité, ces pays rencontrent tous un problème de ressources encore plus décalées de leurs besoins. Il est donc à craindre que les priorités mises sur la santé se fassent au détriment des engagements environnementaux et du développement de la culture, voire de l’éducation. En dernier ressort, rien n’interdit d’imaginer que les paradis fiscaux exotiques ne soient menacés eux aussi…

Sortir de la défiance est peut-être l’acte salutaire attendu, non seulement dans le contexte de la solidarité entre pays et régions mais aussi au sens strictement individuel puisqu’il peut aider à se réconcilier avec l’avenir ; c’est l’espérance.

 

Article rédigé par : Benoit Bescond – Président d’ARCLÈS

 

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