Regard International : L’édito ARCLÈS #77

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Retrouvez dans cette rubrique un édito que vous propose ARCLÈS sur le thème de l’international. Ce regard sur l’actualité du monde s’appuie sur de nombreuses sources d’information lues et digérées pour vous.

 

Après la bataille

Les combats contre le virus sont loin d’être achevés, mais il faut se pencher sans délais sur les étapes d’après. Il est impossible d’attendre les bilans définitifs ni l’identification des responsabilités dans la crise, pour se mettre à organiser ce que chacun s’accorde à appeler la reprise. Mais s’il est évident qu’elle ne consistera pas à basculer de façon magique un interrupteur qui reconnecterait au monde d’avant, il faudrait se pencher sur ce qu’elle est en vérité et sur les problématiques qu’elle va poser.

La première évidence est qu’après deux à trois mois de « crise chaude » où l’immédiat a tout balayé, du commerce, des écoles, de la production et des échanges de la vie sociale, l’activité résiduelle, probablement proche des minimaux vitaux, a replié le PIB, la confiance et la consommation de 10 à 30 points. Mais ces indicateurs ne font pas l’activité en soi ; la reprise dépendra en réalité de ce que l’on saura faire et comment.

Le terme de reprise possède plusieurs acceptions et par analogie, il peut aider à se situer. Ni simple reprise comme sur le ring de boxe ou dans le manège de chevaux, le point de départ de la reprise est hors champ de la normalité. Si on peut obtenir une bonne reprise de son auto par un appui net sur l’accélérateur, c’est parce que le moteur n’était pas à l’arrêt. Alors s’agirait-il plus simplement d’effectuer le ravaudage d’une pièce de tissu et de la remettre en service à l’identique ? Très insuffisant n’est-ce pas, puisque des entités comme les hôpitaux ne pourront d’évidence retrouver le plein usage de leurs différents services avant plusieurs mois. La reprise est par conséquent une reconstruction sur plusieurs plans ; elle concerne la vie sociale, les acteurs économiques dont les entreprises et elle a plusieurs facteurs de coûts.

Le premier coût est celui des manques à gagner, ce que l’entreprise n’a pas vendu, ce que les consommateurs n’ont pas acheté. Une partie sera compensée dans le mouvement de reprise mais le plus gros sera perdu. Là n’est pourtant pas la plus grande perte. Le second coût est celui des pertes de marché, des pertes de compétences, des ruptures durables. Si une grande attention est faite aux salariés, rien ne dit que le tourisme ou les transports par exemple retrouveront rapidement un fonctionnement susceptible de faire vivre leurs entreprises. Le troisième coût est celui que la crise va continuer d’imposer sur la vie courante, tant que les virus circuleront. Et cela tant pour l’effort sanitaire à poursuivre qu’avec les ralentissements dans les échanges qui semblent indispensables et pour lesquels les alternatives du télétravail et des nouveaux espaces collaboratifs n’ont que des effets palliatifs. Mais l’impact le plus lourd à payer est celui qui devra motiver tant les gouvernants que les dirigeants, tant les commerçants que les enseignants et les parents, c’est le prix de la perte de confiance. Ce qui fait une société, une entreprise, une ville, un pays et même une monnaie, ce sont des signes positifs de confiance.

La crise du Covid-19 a mis à l’épreuve toutes nos structures jusqu’à l’international, avec un effet décapant. Il n’y aura de reprise qu’au prix du retour de la confiance entre les hommes, entre les organismes, les états et il faudra probablement que chacun paye un peu de sa personne pour se lancer dans des initiatives qui pourraient différer des règles ou des attendus du « temps d’avant ». Le temps de l’intelligence collective est revenu. Et puisque le présupposé de la création de richesses est dans l’entreprise, et que la notion de société est fondée sur la confiance d’abord entre ses sociétaires et ensuite dans son réseau avec ses employés, ses clients et ses fournisseurs, alors la clé est bien entre les mains du monde entrepreneurial qu’il faut soutenir en priorité.

 

Article rédigé par : Benoit Bescond – Président d’ARCLÈS

 

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