Regard International : L’édito ARCLÈS #74

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Retrouvez dans cette rubrique un édito que vous propose ARCLÈS sur le thème de l’international. Ce regard sur l’actualité du monde s’appuie sur de nombreuses sources d’information lues et digérées pour vous.

 

La méthode du chaud-froid

On peut interpréter les nombreux actes et leurs annonces du début d’année, dont certains sont violents et contradictoires comme une méthode de travail s’ils relevaient des mêmes acteurs. Dans le but de faire céder des partenaires difficiles, tant le président US que les dirigeants iraniens, ou encore les propos du premier britannique, semblent appliquer des tactiques de déstabilisation. Si c’est la cas, alors y résister ne peut être que le fait de structures assez grandes et bien dirigées. C’est pourquoi, l’Union Européenne mais aussi une partie des institutions internationales pourraient éprouver des difficultés en ce début de 2020, malgré le caractère limité de toutes ces imprécations.

En France, la longue période de grèves n’a eu jusqu’à présent qu’un faible impact économique (tourisme et Ile de France). En Allemagne, on assiste à un timide redémarrage et les récentes élections italiennes semblent refléter l’envie de plus de stabilité, au prix d’une phase encore longue destinée à penser les plaies du désordre et de la stagnation.

Le Royaume Uni prépare une année de transition intense ; la tentation de la politique du chaud-froid trouvera ses limites dans les conséquences économiques qui devront rester supportables pour une population qui veut d’abord de la visibilité.

La Turquie a encore accru en janvier son excitation ; avec une économie toujours instable, son dirigeant menacé dans sa politique intérieure, s’est tourné vers la Syrie en 2019 et maintenant vers la Libye. Cet exutoire ne peut masquer une inflation supérieure à 15% (en 2019) et l’incapacité de revenir au calme avant longtemps, tant l’environnement institutionnel est dégradé et le besoin de financements extérieurs aussi lourd.

Le Chili représente le parfait exemple d’une nation qui s’est reconstruite en trente ans et qui a atteint les limites sociales d’un libéralisme volontaire. Les manifestations de la fin de 2019 obligent à un changement de phase, voire de direction qui sera difficile à opérer sans révolution.

Le Liban et l’Égypte, pour des raisons différentes mais de circonstance sont encore loin de la sortie d’affaire ; le premier a des priorités d’abord politiques mais très générales et la seconde des obligations économiques et sociales qui demanderont du temps et de la patience…

Enfin, il faudra noter que quatre pays africains sont sur le podium de la croissance en 2019 (Rwanda, Éthiopie, Ghana et Côte d’Ivoire à plus de 7%), mais que globalement la zone sahélienne (Niger, B-Faso, Mali, etc…) ne peuvent compter sur la seule croissance économique très insuffisante pour relever les défis sociaux et donc politiques qui les attendent au XXI° siècle.

 

Article rédigé par : Benoît Bescond – Consultant ARCLÈS

 

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