Quelle approche pour définir la Raison d’Être d’une entreprise ? (1/2)

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Chaque jour, l’actualité mondiale nous confirme l’importance et l’urgence des enjeux sociétaux et environnementaux. Les générations actuelles portent toutes une responsabilité vis-à-vis des générations futures sur les conditions dans lesquelles ces dernières pourront vivre.

Toutes les composantes de la société civile sont concernées, y compris les entreprises. Les entreprises ont une responsabilité majeure tant du fait de leur impacts potentiellement négatifs sur leur environnement au sens large que par les solutions qu’elles peuvent apporter, tout comme chacun d’entre nous dans notre vie personnelle, de consommateur, professionnelle.

De nombreuses initiatives ont été prises de façon volontaire par différentes associations professionnelles d’entreprises et par leurs adhérents pour une meilleure prise en compte des enjeux sociaux, sociétaux et environnementaux.

De nombreux textes législatifs et réglementaires français paraissent régulièrement dont ceux sur la déclaration de performance extra-financière, la loi sur le devoir de vigilance, sur les lanceurs d’alerte (loi Sapin 2).

Plus récemment, suite au rapport Notat-Senard et dans le cadre de la loi PACTE,

  • l’article 1833 du Code civil dispose maintenant, dans sa définition de l’objet d’une entreprise, que « la société est gérée dans son intérêt social, en prenant en considération les enjeux sociaux et environnementaux de son activité»,
  • l’article 1835 du Code civil, donne la « possibilité aux sociétés qui le souhaitent de se doter d’une raison d’être dans leurs statuts »

Alors, qu’entendons-nous par Raison d’Être ?

Le législateur ne donne pas de cadre précis pour le contenu d’une Raison d’Être. La raison d’être d’une entreprise est censée exprimer son projet sur le long terme, au service de l’intérêt collectif.

Les entreprises qui en ont publié n’utilisent pas un modèle commun.

Cet article en 2 parties tentera de proposer des pistes pour le contenu et l’établissement d’une Raison d’Être.

 

Quel contenu pour une Raison d’Être ?

– Le chapeau d’une Raison d’Être en une phrase

La Raison d’Être comme la Vision s’exprime d’abord par une phrase courte source d’inspiration :

  • Apporter la santé par l’alimentation au plus grand nombre (Danone)
  • Un monde dans lequel personne ne doit souffrir ou mourir d’une maladie évitable par un vaccin (Sanofi Pasteur)
  • Ressourcer le monde (Veolia)
  • Offrir à chacun une meilleure façon d’avancer (Michelin)
  • Améliorer le quotidien du plus grand nombre (Ikea)

Nous avons entendu un jour un Dirigeant d’entreprise dire que la Vision est un rêve avec une date. La notion de rêve s’inscrit dans cette volonté d’inspirer, d’aller au-delà, de sortir d’un cadre de référence limité au « business as usual ».

La Raison d’Être décrit un rêve qui, au-delà du business, intègre les enjeux sociétaux. Comme la Mission liée à la Vision, la Raison d’Être décrit la voie pour concrétiser ce rêve à long terme.

– Une Raison d’Être explicite, action de gouvernance, de management et de partage

Au-delà d’une phrase percutante, inspirante, la Raison d’Être sera crédible dans la mesure où elle sera décrite en termes d’engagements. Cette Raison d’Être est un engagement de la gouvernance de l’entreprise. C’est pourquoi le Comex (Comité Exécutif), le Codir (Comité de Direction) qui la définit, en finalise les termes, doit la soumettre au Conseil d’Administration, de Surveillance ou de Famille.

Ikea affirmait dans une de ses communications corporate : pour mettre en œuvre notre idée des affaires il faut avoir un rêve. Mais Ikea affirmait ensuite : pour transformer ce rêve en réalité, il faut des gens. Car cette Raison d’Être est aussi un engagement du management, un engagement de tous au sein de l’entreprise et un acte de partage avec son écosystème.

Elle n’aura de sens, ne donnera du sens, n’inspirera, que si elle est un engagement partagé avec l’ensemble du personnel de l’entreprise d’abord, puis avec ses parties prenantes externes. Les parties prenantes externes sont effet, avec les mégatrends, les 2 composantes majeures de l’écosystème impactant l’entreprise et impactées par elle.

Bob Eccles (auteur du One Report et promoteur de la Pensée Intégrée) s’est exprimé récemment sur le contenu du « purpose » d’une entreprise en recommandant particulièrement le fait d’y mentionner les parties prenantes critiques pour la création de valeur durable (et pas uniquement les actionnaires) et l’horizon pour lequel elle définit sa stratégie et l’évalue (à long terme et non à 1 an).

Certaines des premières Raisons d’Être publiées en France mentionnent d’ailleurs dans leurs textes leurs parties prenantes critiques (clients, collaborateurs/salariés, instances représentatives du personnel, territoires, société…)

 

Alors, comment mettre en place une Raison d’Être qui soit un engagement de gouvernance, de management et de partage au sein de l’entreprise et avec ses parties prenantes ?

C’est ce que nous proposerons en 2ème partie de cet article.

 

Article rédigé par : Gérard Langlais – Consultant ARCLÈS

 

Seconde partie de l’article

 

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