Investir en Afrique : opportunités et nécessité

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Notre camarade et partenaire consultante ARCLÈS, Dominique Beudin, vient de publier un article sur le site Variance des ENSAE alumni, consacré à l’investissement en Afrique.

Il nous a semblé important d’en faire l’écho et de vous en livrer une synthèse.

 

L’investissement en Afrique : facteurs, opportunités et risques

En effet, le continent africain représente de nombreux atouts, d’abord démographique : 1 terrien sur six aujourd’hui, un sur 4 en 2050. Cette population jeune constitue un potentiel important et à faible coût pour les industries à forte intensité de main d’œuvre.

L’Afrique a aussi d’autres atouts : ressources naturelles, ensoleillement, terres cultivables, favorisant les secteurs suivants : énergie, services financiers, transports, agriculture, industrie, santé, télécoms, BTP, grande distribution.

Avant, la petite taille des investissements rendait difficile leurs financements, surtout assurés par des fonds publics. Depuis une quinzaine d’années, des fonds de capital investissement sont apparus. Ils ont levé 2.4 milliards de dollars au 1er semestre 2018, dont 60 % à destination des infrastructures, avec une forte rentabilité : 14 % entre 2006 et 2011, soit le double de la moyenne mondiale.

Cette forte rentabilité s’accompagne d’un niveau de risque élevé : risques politiques (corruption en particulier), volatilité des devises (rand sud-africain, naira nigérian, contre une certaine stabilité du franc CFA), obstacles culturels à l’entreprenariat (tradition orale, rapport au temps).

 

La nécessité d’investir en Afrique

Le « péril africain » est la version XXIème siècle du « péril jaune » d’antan. Sur 15 ans, 30 millions de jeunes actifs supplémentaires apparaitront chaque année. L’absence d’espoir de ces générations engendrerait troubles sociaux, immigration massive, fondamentalisme religieux.

Pour éviter cette apocalypse, la communauté internationale doit investir en Afrique, mais pas n’importe comment. Il faut des mesures d’accompagnement dont : la formation d’une élite qui pourra rester sur place et y investir ; la mise en place d’infrastructures adaptées ; une stratégie de long terme d’évolutions culturelles.

– La formation : Les futures formations africaines de haut niveau devront être moins empreintes qu’aujourd’hui de culture européenne, mais davantage adaptées aux spécificités africaines et orientées vers des carrières sur place.  Ceci a déjà commencé : programmes de Carnegie Mellon, Harvard ou Wharton ; Tower House de Kigali. Le projet Tuning Africa regroupe 104 universités dans 41 pays. Il adapte programmes et enseignement aux besoins des entreprises africaines couvrant huit domaines différents, de l’agriculture à la médecine. Ces formations des élites devront concerner tous les niveaux des personnels : ingénieurs, cadres intermédiaires, apprentis, indépendants.

Une fois formés, les dirigeants devront être incités à investir dans leur pays et accompagnés par des diasporas ou d’autres réseaux. Les fonds de capital-investissement auront un rôle à jouer à ce niveau.

– Infrastructures, notamment numériques : Si les pays dotés d’infrastructures de transport, aéroportuaires, portuaires et routières ont une longueur d’avance sur les pays enclavés, de petits pays (Rwanda) sont en pointe sur des secteurs plus immatériels et sur l’innovation. Les infrastructures de télécommunications et le smartphone, déjà bien développés, ont commencé à révolutionner le mode de vie des Africains.

Un exemple : Jumia, leader du e-commerce africain, présent dans 14 pays, couvre 80 % de la population ayant accès à internet. Cet « Alibaba africain » dépassera le milliard d’euros en 2019. Il emploie directement 3 000 personnes et 100 000 indirectement. Jumia sert de relais africain aux grands distributeurs et sert de modèle pour d’autres initiatives (AfriMarket). Cependant, l’achat en ligne reste freiné par les problèmes de sécurité, de livraison, de stockage, de repérage local et d’adressage, la sous-bancarisation de la population, etc.

– Pesanteurs culturelles et place des femmes : Les femmes africaines ont souvent une descendance nombreuse dont elles s’occupent. Pourtant, elles détiennent le record mondial du taux de création d’entreprises : 24 % des femmes africaines créent leur entreprise (contre 12% en Europe) pour une valeur ajoutée estimée à 200 milliards de dollars. Mais le taux d’échec important justifie l’intérêt d’un accompagnement spécifique de l’entreprenariat féminin.

 

En conclusion

Économiquement, l’investissement en Afrique a un fort potentiel, associé à un certain niveau de risques. Mais c’est aussi une nécessité géopolitique. Il réussira s’il est accompagné d’un certain nombre de précautions et d’une vision à long terme se déclinant sur trois composantes : la formation ; les infrastructures ; la prise en compte des facteurs culturels.

Pour lire l’article complet de Dominique Beudin, c’est par là.

 

Article rédigé par : Christian Galtier – Consultant ARCLÈS

 

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